Les Botic se cuisinent [Face à Face]

Ils évoluent tous les deux sous la casaque de Prayon et sans tabous, Teo et Dejan Botic se posent chacun cinq questions, de quoi satisfaire la curiosité de l’un, et de l’autre…

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Les questions de Dejan, les réponses de Téo:

1) Trois fois champions au Standard avec M. Tahamata comme coach et depuis lors, aujourd’hui te voilà en P2 à Prayon! Pourquoi ?

Plus les jours avançaient et plus je consacrais du temps pour la pratique du football. Ce temps, j’ai décidé de le diminuer et de le consacrer aux études. Aujourd’hui, je suis en 2ième année du grade de master en gestion des Ressources Humaines à l’université de Liège. En optant pour la deuxième provinciale et pour Prayon, précisément, j’ai pu me rapprocher de mon domicile et concilier études, foot et vie privée.

2) Que penses-tu du niveau de jeu proposé en P2?

On y trouve de solides équipes : Beaufays, Richelle, Poulseur et Chaudfontaine avec des joueurs qui ont déjà évolué plus haut. Néanmoins, je trouve encore qu’il y a trop peu de jeunes dans ce championnat. Pourtant un jeune coûte moins cher et apporte bien plus à long terme qu’un joueur que l’on pourrait définir comme « en fin de carrière », « vieux briscard »ou « encore mercenaire ». La politique à court terme ne rapporte rien et pourtant de nombreux présidents s’obstinent à la défendre. N’est-ce pas l’erreur du football belge depuis de nombreuses années ?

3) Que retiens-tu, sportivement et humainement, de tes 2 saisons passées à Mormont?

Au niveau de la P1 luxembourgeoise, je peux dire qu’il n’y a que quelques équipes qui pratiquent un beau football, engagé et technique à la fois. Mes meilleurs souvenirs se retrouvent dans les nombreuses soirées passés avec mon équipe dans les bals, les fêtes de toutes sortes, dans l’accueil des mormontois et autres, dans leur amour du football et leur dévouement pour leur club.

4) A mi-parcours du présent championnat, tu as évolué en 7 en 11 en 9 et même en 10. Quelle est ton poste de prédilection?

J’ai été engagé comme flanc droit et il est vrai que je joue à d’autres postes. On me dit polyvalent mais c’est déstabilisant pour un joueur d’alterner presque tous les week-ends des postes différents. On n’arrive pas à prendre ses repères aussi facilement qu’on le croit. On compte beaucoup sur moi mais il ne faut pas oublier que le rôle premier lors de mon engagement était d’alimenter mes attaquants en centres et assists.


5) La méfiance et le manque de crédibilité sont souvent mentionnés dans le monde du foot provincial quand on évoque le nom de nos 2 présidents Lamantia. Après 6 mois passés en leur compagnie, qu’en penses-tu?

Je peux dire que les frères Lamantia tiennent leurs promesses et sont des hommes de paroles. Ils ont voulu construire une équipe solide et ils l’ont fait avec l’appui de Gino Ludovico. Ils ont l’ambition de construire un bel avenir à Prayon tant au niveau des infrastructures qu’au niveau sportif.

Les questions de Teo, les réponses de Dejan :



1) N’est-ce pas un peu tard d’endosser ses premiers crampons à l’âge de 14 ans ? Pourquoi ce choix tardif ?

Il est bien clair qu’au niveau de l’acquisition des bases, 14 ans c’est relativement tard d’autant plus que j’ai toujours été plus attiré par les sports de salle comme le handball, basket et le mini-foot.
Le choix du foot, auquel je jouais régulièrement dans la rue (ce qui reste la meilleure école de formation), était un choix de curiosité car te voyant progresser et t’épanouir au Standard, je me suis dit pourquoi pas moi et c’est ainsi que je me suis lancé également.

2) Aujourd’hui, tu passes des cours d’entraîneurs pour obtenir vos brevets de l’union belge. Quels sont les entraîneurs qui collent) le plus à ta vision du football ?

Disons qu’au niveau national, des coachs tels Hein Vanhaezebrouck, Boloni, Dury ou Preud’homme m’inspirent beaucoup car ils présentent tous la particularité de cultiver la culture de la gagne en mettant les individualités au service du collectif . Si je dois me retourner du côté de la provinciale liégeoise en général, je regrette le manque d’audace et le petit jeu dont font preuve la majorité des coachs. Je trouve que M. Ludovico, malgré le souci de bien défendre exige de nous de bien jouer foot et d’aller de l’avant. Au même titre qu’Oupeye et aussi Beaufays mais bon là, ce n’est pas le collectif…. !

3) Serais-tu ce qu’il convient d’appeler…un mercenaire ?

Le mercenaire est une personne qui monnaie ses services en allant chez le plus offrant. Dans mon cas dans tous les clubs où j’ai joué ( il n’y en a que 4 !!!) j’ai toujours signé chez celui qui me donnait les plus grosses garanties sportives.

4) Comment envisages-tu ta fin de carrière ?

Disons que j’envisage de rester dans le monde du foot quoi qu’il arrive. Mais bon je serai surtout à l’écoute de mon corps. Il est hors de question que je me retrouve avec des bandages sur chaque articulation.
Ce qui est sûr, c’est que plus j’avance dans les années, plus je m’oriente vers une carrière de coach que je commence à construire tout doucement.

5) Quel est le comportement qui t’agace et celui qui te plaît le plus au football ?

Disons que j’ai horreur des pseudo-clubs de foot où les joueurs qui en font partie se comportent comme des voyous en manquant de respect à leur sport et à ses valeurs sous prétexte qu’on joue à un niveau amateur. Ce n’est pas parce qu’on joue « juste » en P2 qu’on ne peut pas se donner à fond, vouloir progresser et s’impliquer sportivement !

Et puis ce qui me met hors de moi ce sont les joueurs ( il y en a un paquet en provinciale, qui ont une telle estime d’eux- même ou soi- disant un nom car ils ont joués 18min en promotion ou D3 en 1995 S’ils étaient aussi forts qu’ils le pensent, ils ne joueraient pas en P2 !

Par contre j’ai beaucoup de respect pour des gars qui ont effectivement réalisé de belles choses à des échelons supérieurs et puis qui viennent de nouveau s’investir à 100% dans les plus petits clubs en montrant l’exemple aux plus jeunes que ce soit sur ou en dehors du terrain.