RCS Verviers: Les langues se délient…

Le président du RCS Verviétois Giovanni Marchica présentait jeudi soir sa démission, accompagnée de celle de son équipe dirigeante et de l’entraîneur qu’il avait tant tenu a mettre en place, Sunday Oliseh.


A l’origine de cette décision, un courrier signé par le bourgmestre de la ville, Claude Desama. Une missive placée sous les projecteurs par les démissionnaires et qui semble masquer à elle seule un iceberg de conflits internes qui émergent peu à peu… Mais que contient réellement cette lettre ?


Le maïeur verviétois y explique notamment les réticences des personnalités du monde économique à soutenir le club pour trois raisons :

– La politique du club qui écarte de l’équipe type de jeunes verviétois talentueux au bénéfice de joueurs extérieurs qui coûtent cher et n’apportent guère ou pas du tout de valeur ajoutée au club.


– Une gestion aventureuse dans la mesure où des dépenses ont été consenties en début de saison sans s’assurer de leur couverture en recettes.

– Les résultats sont loin d’être à la mesure des efforts consentis et ne suscitent aucun enthousiasme en faveur du club. L’écart de Benoît Thans dont les avis en matière de transfert et dans le choix de l’entraîneur n’ont pas été suivi.



Il nous a été impossible de joindre Giovanni Marchica, nos appels étant déviés vers son secrétariat nous expliquant l’indisponibilité du président, contraint à un emploi du temps chargé. Toutefois, la presse, et notamment Le Jour Verviers, s’épanchait ce matin sur la nouvelle, et le président y faisait certaines déclarations au sujet, justement, de ce courrier maïoral : « Je ne suis pas un pantin ! Personne ne me dictera jamais ce que je dois faire, surtout pas avec mon argent !»



Un manque de moyens?


L’argent, point de discorde entre la ville et le club lainier? « Nous n’étions plus payés depuis deux mois, nous n’avons reçu que août et septembre » nous glissent certains contacts oeuvrant au RCSV. « Pour la pérennité du club, il vaut mieux que ce changement arrive à ce moment-ci de la saison. Le club était dirigé par des gens, certes dévoués voire même ambitieux, mais qui n’avaient aucune connaissance en foot, et dont la gestion journalière était interpellante… »


Repris officiellement début juillet par le désormais ex-président Marchica, le matricule vert et blanc donnait l’image d’un club voué à grandir. « D’autant que son arrivée était signifiée comme étant salutaire pour le club, devant alors faire face à de réelles difficultés ». Sunday Oliseh partage l’avis de ces comitards qui préfèrent taire leur nom, et il va même plus loin : « Le Président a repris un club qui était presque sur la fin, mais nous avons ensuite mis sur pieds une belle équipe qui aurait été encore plus forte dans le futur ».


Si l’avenir semblait radieux chez certains, d’autres membres du club s’inquiétaient d’un quotidien peu réjouissant : « De jeunes verviétois issus du club jouaient ou frappaient à la porte de l’équipe première puis ont été mis de côté pour faire place aux transferts d’Oliseh. Par ailleurs, il se comportait comme un entraîneur de D1 et manquait de considération envers les supporters ».



Oliseh tourné vers l’avenir…


Sunday Oliseh a pourtant vivement souhaité remercier le public à l’heure d’évoquer son départ via LgFoot : « Les supporters ont été super et je tiens à les remercier, de même que les nombreux bénévoles… », mais pour Sunday, ce départ était inévitable. « Les dirigeants et moi-même devions travailler dans un climat difficile, dès lors je soutiens et je comprends à 200% le président et sa démission ». L’homme semble d’ailleurs déjà détaché de la problématique verviétoise : « Le club va se relever, j’en suis certain, mais les relations avec la ville rendaient difficiles l’exécution d’un bon travail… Quant à moi, je n’ai jamais caché que cette étape à Verviers était le point de départ de ma carrière d’entraîneur. Mais je compte désormais réellement entrer dans le métier en visant la D1 ».


Sunday Oliseh quitte donc le club lainier en compagnie de celui qui l’y avait amené, non sans une pointe d’amertume. « J’ai reçu de nombreux sms de joueurs déçus et attristés par la nouvelle, cela me touche vraiment mais je ne reviendrai pas sur ma décision ».


Au lendemain de cette annonce, le calme n’est pas encore revenu du côté des Béliers, où l’on sépare clairement les partisans de la ville, de ceux du clan Marchica.




Pointé du doigt par Giovanni Marchica qui l’accuse de nuire à la bonne relation entre la ville et le club, Benoît Thans, serein, n’a pas hésité à remémorer le rôle qui est le sien : « En tant que consultant, je n’ai pas été consulté une seule fois depuis le 1er juillet de cette année. Ni pour la nomination de Sunday Oliseh, ni même concernant le départ d’Etienne Delangre. J’avais rencontré Giovanni Marchica en juin, je lui avais alors dressé le portrait du club, de son quotidien, des ses bénévoles, de ses joueurs, de ses personnages incontournables, etc… La nouvelle direction a fait ses choix et au fond, on fait ce que l’on veut tant que l’on assume. ».



« Inquiet pour les jeunes »


Et si les dirigeants démissionnaires tirent à boulets rouges vers la commune, c’est en oubliant quelque peu le soutient qu’a apporté la ville au matricule 8 ces dernières années, dixit Benoît Thans : « La ville a mis deux synthétiques a disposition du club (ndlr : souvent boudés par Oliseh, jugeant la surface comme responsable de blessures chez certains joueurs), l’école des jeunes n’a cessé de croître, la tribune a été rénovée, le projet du Jonckeu est toujours envisagé…Finalement, ce qui m’inquiète le plus, ce sont les 350 jeunes du club qui pourraient se décourager… ».


Quoi qu’il en soit, les Verviétois reprendront le chemin de l’entraînement samedi matin, sous la direction du T2 Alain Fays, qui assurera l’intérim pour au moins deux matches.




Les réactions :


>>> Alain Fays, l’entraîneur adjoint qui assurera l’intérim pendant au moins deux rencontres:

« Il reste deux matches avant la trève et franchement, on ne sait pas trop où l’on en est…Personne ne sait grand-chose. Quoi qu’il en soit, j’alignerai les joueurs qui seront à 100%, tout en comprenant que certains perdent un peu l’envie de jouer… »


>>> Nicolas Birti, défenseur du RCS Verviers:

« En tant que joueurs, nous avons décidé d’attendre l’entrainement de samedi matin et d’en savoir un peu plus, avant de nous exprimer… Quoi qu’il en soit, la nouvelle nous a fortement surpris et nous sommes bien évidemment déçus ! »



>>> Gil Diaz (T3, entraîneur des gardiens) :

« Je préfère me maintenir à une certaine distance de ce débat. Le malaise était existant entre les différentes parties mais je ne pensais pas que cela aboutirait ainsi. Par ailleurs, si la nouvelle direction me fait confiance, je compte bien poursuivre mon travail avec mes trois gardiens comme je le fait depuis le début ».


>>> D’après Kevin Raets, l’ancien Bélier aujourd’hui à Spa (Promotion D), la situation vécue actuellement par son club fétiche semblait prévisible :

« Cette situation ne m’étonne pas car je sais qu’il existait une certaine tension entre Sunday Oliseh et certaines personnes de la ville…Je ne sais pas s’il s’agit d’une bonne solution mais j’espère que le club va s’en sortir car la ville a besoin d’un club au niveau national ! ».