CP : Henri Fonbonne : « Notre football devient-il un sport réservé aux voyous ? »

Chers amis,

 

Notre football, celui qui attire chaque semaine des milliers de personnes sur et aux bords des terrains de la province, devient-il un sport réservé aux voyous ?

 

On pourrait le penser en découvrant les informations rapportées ces derniers temps par les médias de la presse, de la radio et de la télévision, mettant en évidence des faits de violence particulièrement graves survenus à l’occasion de matches de football.

 

Force est de constater qu’aujourd’hui, la contestation est devenue un sport national et que l’égoïsme règne en maître.

Le football n’est pas épargné par le phénomène d’agressivité gratuite qui a tendance à se développer à tous niveaux de la société ainsi que dans d’autres disciplines sportives.

 

Malgré le fait que l’enjeu, la plupart du temps, ne soit qu’honorifique et la victoire un but recherché par chacun, certains oublient pour y accéder tout respect des règles de vie en société, du fair-play élémentaire indispensable dans la pratique d’un sport et bafouent toute dignité humaine.

La défaite devant un adversaire plus fort ou simplement meilleur est rarement acceptée par un certain type d’énergumènes qui en trouvent souvent la cause au travers de la prestation de l’arbitre.

 

Par le passé, la frustration parfois légitime d’un joueur, d’un entraîneur, d’un dirigeant ou d’un supporter devant des situations ressenties comme injustes se traduisait par des réactions intempestives qui conservaient un caractère « bon enfant » et étaient nettement moins violentes qu’aujourd’hui !

 

De nos jours, cette violence tant verbale que physique a évolué. Son expression se traduit en injures graves, méchantes, humiliantes, parfois à caractère raciste, en bousculades, en échanges de coups portés parfois avec un tel acharnement qu’ils conduisent au « massacre » de la victime.

 

L’arbitre, dont l’autorité n’est plus respectée, ainsi que l’adversaire qui n’est plus apprécié comme un concurrent sportif, sont considérés comme des ennemis.

 

Conscient du phénomène, le CP Liège a, depuis longtemps, appelé les partisans du football à un retour au fair-play, au respect des valeurs sportives et des personnes.

Outre ses propres initiatives, il a soutenu et participé activement aux diverses actions de sensibilisation prônées par la fédération, par la cellule de prévention du Gouverneur de la province, par le Service des Sports de la province et la cellule « Parents Cools » de la MDA.

 

Plusieurs clubs ont fait des efforts certains et pris des mesures internes en écartant, préventivement du groupe, les sujets à risque et en sanctionnant les fauteurs de trouble.

 

 

 

Bien qu’il ne faille en rien céder à la paranoïa, il faut néanmoins reconnaître que toutes ces bonnes dispositions sont insuffisantes et qu’il convient de réagir énergiquement afin d’empêcher le développement de cette violence.

 

Aussi, le CP Liège va interpeler les autorités fédérales, politiques et judiciaires afin qu’une estimation objective de la situation soit réalisée et ainsi, responsabiliser et sanctionner les auteurs de faits qui n’ont pas leur place sur un terrain de jeu… ni ailleurs.

 

Mes propos ne se veulent en rien moralisateurs mais il s’agit simplement d’une mise en garde qu’il conviendrait de prendre en compte pour rendre notre sport favori aux vrais sportifs.

 

Malgré le fait qu’actuellement, ces actes très violents conservent un caractère marginal en regard du nombre de matches disputés chaque semaine, il n’en reste pas moins qu’un cas subi est un cas de trop !

 

Nous sommes tous concernés et, dès lors, il appartient à chacun de poser les gestes nécessaires pour retrouver un sport agréable et convivial.

 

J’invite l’ensemble de nos clubs à conscientiser tous leurs affiliés et partisans devant ce fléau et à dénoncer les fauteurs de trouble.

 

Je demande impérativement à tous les clubs et à tous ceux qui veulent un football propre de nous aider à faire respecter l’ordre sur et autour des terrains ainsi que de soutenir les mesures d’écartement des stades prononcées par le Comité Provincial de Liège envers certains individus.