Arbitre agressé à Bellevaux : « Inadmissible que le joueur soit acquitté »


À l’issue d’un match qu’il arbitrait en P4, Sébastien Graf avait reçu un coup de poing. L’affaire a été classée sans suite par le parquet de Verviers.

Le dimanche 25 août 2013, alors qu’il arbitrait un match de P4 qui se jouait à Bellevaux, entre Bellevaux et Faymonville, l’arbitre Sébastien Graf avait reçu un coup de poing en plein visage de la part du gardien de but de l’équipe de Bellevaux.

«À la fin du match, ce gardien, François Guilleaume, qui n’était visiblement pas content du résultat, est venu rouspéter, raconte Sébastien Graf. Je lui ai alors mis une 1re carte jaune et lui ai demandé de se calmer, ce qu’il n’a pas fait. Et, alors que je m’apprêtais à mettre une 2e carte jaune, il m’a dit «mets-moi la rouge et je te pète ta gueule». Il s’agissait visiblement d’un homme de parole, puisqu’il m’a mis ensuite un coup de poing, avec ses gants de gardiens qui contiennent tout de même des renforts anti-retournement de doigts».

Le coup qui a valu au référé deux dents cassées, nécessitant d’être arrachées, a été sanctionné par l’Union Royale Belge des Sociétés de Football, puisque François Guilleaume a été suspendu pour une durée de 3 ans, au terme desquels il pourra à nouveau introduire une demande auprès de l’Union belge, mais ne sera pas réintégré d’office. «Au niveau sportif, le jugement a été rendu dans les règles de l’art, estime l’arbitre. En revanche, j’ai reçu un courrier de la part du parquet de Verviers, qui estime que l’affaire doit être classée sans suite et que les conséquences de poursuites pénales seraient disproportionnées par rapport aux faits commis. Je travaille pour la justice, et je sais qu’ils ont du travail, mais là, le message véhiculé est: faites ce que vous voulez! Je me retrouve avec des frais non remboursés, mais le plus inadmissible reste qu’ils ne réagissent pas! C’est trop facile. Même entre eux, les joueurs se tabassent et je ne veux pas que cela devienne monnaie courante. Je trouve que le parquet n’a pas fait son travail, car j’estime avoir droit à réparation, comme tout justiciable belge », conclut Sébastien Graf, qui envisage à présent d’entamer une procédure au civil, estimant que la lettre d’excuse, tapée à l’ordinateur, qu’il a reçue du joueur n’était qu’une maigre consolation.