La rubrique de Derwa (12) : foot national, foot régional et tactique en 3 questions

Chaque milieu de semaine, retrouvez la chronique de Philippe Derwa (entraîneur passé par Aywaille, La Calamine, Blegny, Waremme et Seraing) qui répondra à trois de nos questions. Une première sur le foot national, une seconde sur l’actualité régionale et la troisième sur un aspect tactique.


Le fait de s’entraîner sur un terrain synthétique entraîne plus de blessures ?

 

Non, mais les blessures sont totalement différentes. Sur un terrain synthétique, les blessures d’ordre musculaire sont moindres car l’allongement du muscle est moins important que sur un terrain en herbe vu que les arrêts sont brusques. Maintenant, on rencontre plus de blessures dites inflammatoires. En effet, les arrêts sont brusques et les glissades quasi nulles. Les articulations du genou et de la cheville subissent plus de chocs et les phénomènes de tendinite deviennent plus fréquents. Il faut bien sûr alors adapter les entraînements. Si par exemple, on désire mettre un demi tour dans un exercice, on ne va pas placer un simple piquet, mais on installera un ou plusieurs cerceaux pour diminuer l’effet du choc inhérent au changement de direction.

 

Jouer en championnat sur un synthétique est un avantage ?

 

Oui, je le pense. Bien sûr, cela ne fera pas du dixième au classement qu’il deviendra premier. Mais on a remarqué que lors du premier quart d’heure de chaque période, l’adversaire met du temps à trouver ses marques. Avec Aywaille en première provinciale lors du tour final inter-provincial, on a eu la chance de jouer nos quatre matchs à domicile et on a choisit de jouer sur le synthétique. Cela n’a pas été le facteur principal qui a expliqué nos succès, mais le synthétique a été un fameux adjuvant. Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’un terrain synthétique demande de l’entretien car les fameuses petites billes noires ralentissent la course du ballon et elles doivent être réparties de manière égale. Il faut donc brosser régulièrement l’herbe synthétique et ne pas oublier non plus qu’ en hiver, il faut avoir une machine pour déneiger car, à partir d’un certain niveau de gel, les herbes collent entre elles et peuvent être arrachées.

 

Que veut dire « il n’y a qu’un seul ballon sur le terrain » ?

 

Si notre entraîneur décide de nous interdire de centrer au second poteau, nous savons à l’avance qu’il ne sert à rien d’y aller et nous serons plus nombreux à l’endroit où le centre sera donné. Par contre, l’adversaire, n’étant pas au courant, utilisera un ou deux joueurs pour protéger le second poteau. Il n’y a qu’un ballon sur le terrain et il ne peut être à deux endroits en même temps.